Souffrant de migraines insupportables, Marine a choisi de suicider à 26 ans

En 2021, Marine a choisi de mettre fin à ses jours. Elle avait 26 ans. La raison ? Des migraines chroniques intempestives et très douloureuses, quasiment impossibles à soigner (sans se ruiner). On vous raconte son histoire.

Elle aurait dû vivre bien plus longtemps et pourtant, à 26 ans, Marine a rendu son dernier souffle. Le 5 novembre 2021, la jeune femme a choisi de se suicider, incapable de supporter davantage les violents maux de tête qui lui empoisonnaient l’existence depuis près de vingt ans.

Comme le rapporte Le Parisien, elle souffrait de migraines chroniques aiguës que les traitements médicamenteux conventionnels ne parvenaient pas à soulager. Selon un sondage de l’association La Voix des migraineux, 15 à 20% de la population en sont victimes en France.

De violentes douleurs et une longue errance médicale

Les premières douleurs de Marine apparaissent à l’âge de 8 ans, avant de s’aggraver à l’adolescence. Sa vie personnelle et son parcours scolaire deviennent alors chaotiques, ses maux de tête l’empêchant souvent d’aller à l’école et de sortir de chez elle. “Quand elle avait des crises, elle était obligée de s’allonger dans sa chambre. On la retrouvait prostrée dans le noir”, raconte sa maman auprès de nos confrères.

Pendant des années, personne ne met de mots sur sa souffrance. La jeune fille doit attendre l’âge de 21 ans pour avoir un premier diagnostic : elle est atteinte d’endométriose adénomyose, une pathologie dont les violentes migraines peuvent être l’un des symptômes. Malheureusement, connaître sa maladie ne lui permet pas de calmer ses douleurs : aucun médicament conventionnels ne fonctionne. Elle continue donc de subir au quotidien des maux de tête particulièrement handicapants. “Parfois elle devait rester allongée. Dès qu’elle se relevait, c’était comme un marteau-piqueur, témoigne son conjoint, Nicolas.

Un essai clinique miraculeux… mais de courte durée

En 2020, Marine intègre un essai clinique lui permettant de tester un traitement qui divise ses migraines réfractaires “par deux, voire trois”, assure le jeune homme. “Pendant un an, elle a pu revivre normalement. Nous avons pu ressortir, elle a repris son travail. Elle était plus épanouie, j’ai retrouvé ma femme. Ce n’était pas la même personne”, précise-t-il.

Mais au bout d’un an, l’essai s’arrête. Là, c’est une véritable “descente aux enfers” pour la jeune femme, selon Sabine Debremaeker, présidente de l’association La Voix des migraineux, dont les propos ont été reccueillis par BFMTV. Les douleurs reviennent de plus belle mais, si elle veut continuer le traitement, non remboursé, elle doit débourser 1000 euros par mois. Marine et son compagnon, qui cumulent de maigres salaires et un prêt à rembourser, ne peuvent pas se le permettre.

Un traitement non remboursé et trop coûteux

Un autre médicament de la même classe (les anti-CGRP, connus pour bloquer les migraines) est disponible en pharmacie, mais il n’est pas non plus remboursé et, bien que moins cher que le premier, reste encore trop coûteux pour le couple. Elle fait donc une demande d’aide financière auprès de l’Assurance maladie, qui lui refuse en octobre 2021.

Deux semaines plus tard, la jeune femme se donne la mort“C’était un vendredi, elle a travaillé normalement le matin… Nous devions aller voir nos proches le soir”, se souvient tristement Nicolas auprès du Parisien, avant de conclure : “Des assurances [décès, NDLR] se sont débloquées dans tous les sens. Avec l’ensemble des sommes que j’ai touchées, cela lui aurait payé des mois et des mois de traitement. On vaut plus d’argent mort que vivant”.

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