Une mère de famille devant la justice à cause du prénom breton de son bébé

Une famille a été assignée à comparaître devant le juge des affaires familiales d’Angers en février prochain pour avoir donné un prénom breton bien particulier à leur enfant, comme l’a rapporté “Ouest-France”.

La Bretagne est souvent source d’inspiration pour les jeunes parents au moment de choisir le prénom de leur bébé. En effet, il n’est pas rare de croiser, et cela même en dehors de la pointe ouest de la France, un Maël ou une Maëlle, un Ewen, une Maïwenn, un Gwendal ou encore un Elouan. Bref, les prénoms bretons ont la cote ! Cependant, il y a un prénom originaire de cette belle région qui fait parler ces dernières années : “Fañch”, l’équivalent breton de “Francis”. Porté depuis des siècles en Bretagne, il est aujourd’hui pointé du doigt à cause de l’accent sur son “n”, le tilde n’étant pas un caractère utilisé en français.

Comme l’a rapporté Le Courrier de l’Ouest samedi 6 janvier 2024, Caroline et Arthur, un couple de jeunes parents habitant dans le Maine-et-Loire, se sont vu remettre, des mains d’un huissier, une convocation de la vice-procureure d’Angers exigeant une présence de ceux-ci devant le juge des affaires familiales de la ville en février prochain. En cause : le prénom de leur bébé, donc, Fañch, venu au monde le 26 juillet 2023. Un courrier auquel s’attendait visiblement la jeune maman, comme elle l’a indiqué à nos confrères : “À la maternité, l’officier d’état civil nous avait prévenus, mais c’est un prénom que nous aimons beaucoup et qui fait écho à mes racines bretonnes. Nous avons donc fait le choix de le garder et de nous battre si nécessaire.” Et de conclure, révoltée : “On nous dit que nous ne prenons pas en compte l’intérêt de notre enfant. C’est violent. On sous-entend qu’on est de mauvais parents… Juste pour un tilde.

Zoom sur l’affaire Fañch Bernard

“Fañch”, prénom de la discorde ? Tout a commencé en 2017, année de naissance d’un certain Fañch Bernard, venu au monde à Quimper, dans le Finistère. Le hic ? Le service d’état civil avait alors refusé l’orthographe de ce prénom en invoquant une circulaire de 2014 n’admettant pas le “tilde” comme signe diacritique de la langue française. Les parents avaient contesté cette décision et la cour d’appel de Rennes leur avait donné le dernier mot. “On a gagné, on va pouvoir continuer à l’appeler Fañch, c’est officiel. On va pouvoir passer à autre chose”, avait expliqué le papa du petit Fañch, comme l’avait rapporté le site La Gazette. Et d’ajouter : “On pousse un gros ouf de soulagement. Et je passe un coucou à nos amis basques aussi, j’espère que ça va marcher pour eux.” Pourtant, peu de temps après cette annonce, le parquet de Rennes avait annoncé qu’il se pourvoyait en cassation contre cette décision. “C’est un arrogant mépris pour le peuple breton dans ce qu’il a de précieux, comme si la langue bretonne était encore aujourd’hui une menace pour la langue française”, avait alors déploré Jean-René Kerloc’h, l’avocat de la famille.

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